Ossessione, 1942
(Les amants diaboliques)

par Freddy Buache


Gino (Massimo Girotti) et Giovanna (Clara Calamai) dans le lit nuptial de Giovanna et de son mari absent.

Ce texte est extrait de l'ouvrage "Le cinéma italien (1945-1979)" par Freddy Buache, disponible dans son édition la plus récente aux éditions de L'âge d'homme.

"    Afin de ne pas attirer l'attention de censure, Visconti choisit un roman noir Américain (dont Pierre Chenal, en France, en 1939, avait tiré Le dernier tournant, avec Michel Simon) et l'adapte au climat de l'Italie du Nord: trahissant l'influence de Renoir, Ossessione, par sa façon de traiter le paysage, les objet, la lumière, les rapports entre les gens, marque les débuts du néoréalisme. Interdit par le régime, puis autorisé sur intervention personnelle de Mussolini, ce film fut mis au rancart à la Libération pour une affaire de droits car les Américains, de leur côté, venaient de porter le livre à l'écran: réalisation de Tay Garnett interprétée par Barbara Stanwick (1946). Il fut distribué plus tard, mutilé.

    En 1945, Visconti collabore à l'œuvre collective: Giorni di gloria. De Santis, Serandrei, Pagliero, Visconti tournent des reportages qui se lient à divers documents d'actualités. Visconti filme le procès Caruso comme s'il était un simple opérateur et, néanmoins, parvient à tirer de cet épisode juridique de surprenantes variations sur la théâtralité du tribunal. Puis il met en place l'ambitieux triptyque dont il ne put tourner qu'un chapitre, fresque vaste et inachevée qui, pour ces deux raisons, fut souvent comparée à Que viva Mexico d'Eisenstein: La Terra trema."

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