1957: Le notti Bianche (Les nuits blanches)


Nadia (Maria Schell) et Mario (Marcello Mastroianni) au dancing

Ce recueil de textes est extrait du Dossier de presse de la filmographie viscontienne, paru dans la revue Cinéma 76, numéro 211.

    La théâtralité du film, obtenue surtout grâce aux décors et aux éclairages qui intègrent à la fois les souvenirs du Kammerspiel et de l'expressionnisme allemands, est justifiée par la nécessité de rendre sensible l'ambiguïté de cette mince histoire qui tient à la fois du rêve et de la réalité, de la vérité et du mensonge.

(Saison cinématographique 58)


     La transposition subie par l'intrigue nous semble discutable, je veux dire, non la transposition de lieu (de Saint-petersbourg dans une Italie fabuleuse et réaliste), mais celle de temps: un ton général d'un romantisme aussi exacerbé s'adapte mal au cadre moderne et convenait mieux à la fin du 19ème siècle.

(Giulio Cesare Castello. Luchino Visconti)


     Nuit blanches donne une résolution faussement poétique à la contradiction entre la vision et la réalité qui cherchent néanmoins leur synthèse.

(Yves Guillaume. Visconti)


     La photographie et les décors sont sans doute superbes, mais ils se trouvent dans un film qui n'a pas d'âme, pas de souffle authentique. On essaye à nouveau tous les petits jeux d'atmosphère chers au vieux cinéma français; on se complaît aux changements atmosphériques - pluie, vent, brume, neige - avec un visible effort d'invention pour souligner extérieurement les états d'âme des personnages... mais le film est un échec non pas tellement à cause de ce remâchage d'esthétiques périmées, bien qu'il soit transfiguré par Visconti, mais surtout dans son thème central: le passage du vrai au faux, du rêve â la réalité. Parce que, essentiellement, le rêve n'est pas rêve, et la réalité n'est pas réalité.

(Giuseppe Ferrara. Visconti)

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