1951: Bellissima


Au bout de la table, Maddalena (Anna Magnani).  A sa gauche, sa fille Maria (Tina Apicella). A sa droite, Alberto Annovazzi (Walter Chiari).

Ce recueil de textes est extrait du Dossier de presse de la filmographie viscontienne, paru dans la revue Cinéma 76, numéro 211.

"    Il m'intéressait de faire une expérience avec un personnage authentique, avec lequel je pourrais dire certaines choses plus intérieures et significatives."

Luchino Visconti


     Le thème de l'éclatement de la famille, essentiel dans Ia Terra trema, revient dans Bellissima et ce sera désormais une des situations préférées de Visconti.

(Yves Guillaume. Visconti)


     Il est difficile de prendre la fin entièrement au sérieux. Ni le divin Blasetti (peut-être le modèle inconscient de Visconti lui-même), ni Magnani idéalement humaine, rendue sentimentale par Zavattini, ni même le mari idéal n'emportent l'adhésion.

(Geoffroy Nowell-Smith. La Revue du Cinéma, n°237)


     Comme dans la Terre tremble, le cadrage et la lumière étaient maîtrisés, touchant souvent au raffinement sans jamais être cependant une fin en eux-mêmes. Les décors extrêmement réalistes, la lumière "réelle" de la ville conféraient au personnage de Magnani une féminité chaleureuse et en même temps pleine d'impatience et d'agressivité compensatrice.

(Giuseppe Ferrera. Visconti)


     Bellissima fut un magistral essai de réalisme exubérant, dans l'évocation de deux mondes opposés: celui, artificiel, de "Cinecittà", et celui, humble, sincère et pur, de certains grands immeubles populaires.

(Giulio Cesare Castello. Luchino Visconti)


     Plus qu'une rencontre avec Zavattini - c'est plutôt une esquive - Bellissima est une rencontre Visconti-Magnani. Déjà Visconti l'avait voulue pour Ossessione alors qu'elle était quasi-inconnue. D'un bout à l'autre, Bellissima est un festival Magnani sans apparaître le moins du monde comme un film fait pour une actrice.

(René Gilson. Cinéma 61, n°57)


     La fin du film - et Visconti a ici modifié le scénario de Zavattini - ne doit pas être interprétée comme une apologie de la stagnation sociale. Maddalena ne se résigne pas à sa condition. Elle découvre seulement la dignité, et c'est par le biais de cette découverte que nous devons expliquer son attitude.

(Vincent Pinel. Études Cinématographiques n°26-27)


     Bellissima aurait pu être un film féroce. Il n'est qu'humain: bons sentiments et résignation. Quelques scènes bien venues (la leçon de danse, l'atelier de couture) font regretter que Visconti ait sacrifié presque toujours le réalisme à une anecdote un peu bêtifiante.

(R. Borde et A. Bouissy. Le néo-réalisme italien)


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